Tetart Stephane - naturopathe
spécialisé dans les régimes spécifiques (cholestérol, intolérances,...)

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L’équilibre acido-basique et la santé

mardi 26 juin 2012, par Stéphane Tetart

Notre corps à besoin pour bien fonctionner de maintenir un certain nombre de constantes, dont l’acidité. Par exemple, si l’acidité du sang, son pH, sort de la fourchette 7,35 et 7,45, on risque un malaise, voir la mort. Sans aller jusque là, nombre de troubles de santé sont lié à une acidité trop élevée. Une alimentation souvent déséquilibrée et la sédentarité, font que beaucoup de personnes sont confrontées à l’acidose chronique et son cortège de maux.

Quelques symptômes rencontrés en cas d’acidose chronique

Fatigabilité, cheveux ternes/tombants/cassants, ongles fragiles/dédoublé/rayés, peau sèche, douleurs musculaires ou articulaires, rhumatismes, ostéoporose, frilosité, extrémités froides, crampe, spasmes, manque d’énergie, difficulté à récupérer, tendance dépressive, irritabilité, nervosité, émotivité, problèmes dentaires, calculs rénaux, brûlures urinaires ou rectales, inflammation des muqueuses, baisse de l’immunité, allergies,...

Comment l’acidose perturbe le fonctionnement de l’organisme

  • Par la perte de minéraux (utilisés pour neutraliser les acides). Les différents organes et tissus qui fournissent des minéraux tampons, le font en se déminéralisant. Les os sont les premiers touchés (calcium), mais aussi le système nerveux (magnésium). La déminéralisation peut empêcher la réalisation de certaines réactions, pouvant mener, comme les perturbations enzymatique, à l’augmentation de la charge acide.
  • En perturbant le bon fonctionnement des enzymes qui ont besoin d’un pH spécifique pour fonctionner convenablement. Ainsi l’acidité peut empêcher la réalisation de réactions physiologiques et notamment la production de protéines et d’hormones. Les étapes intermédiaires de certaines réactions passent par la création d’éléments acides. Si suite à un problème enzymatique ces produits restent en l’état dans l’organisme, il y a augmentation de l’acidité.
  • En diminuant les défenses immunitaires, pour les mêmes raisons que les enzymes.
  • En favorisant l’inflammation des tissus par les acides ou les dépôts de cristaux (les sels résultants du système tampon par les minéraux basifiants), provoquant ainsi les maladies en « ites » et en « oses ». L’inflammation des tissus, en plus de l’inconfort ressenti, fragilise les tissus vis à vis des infections.
  • La formation de dépôts, blocage des articulation, calculs, dû à la formation de "cristaux" lors de la neutralisation des acides. Car un acide lié à une base donne un sel neutre et de l’eau, mais ce sel neutre n’est pas toujours facilement éliminé et reste dans l’organisme.

Comment le corps régule l’acidité

  • Le pH mesure l’acidité sur une échelle de 0 (acide au maximum) à 14 (alcalin au maximum), en passant par l’équilibre 7 (neutre comme l’eau). Plus un élément est acide, plus il contient d’ion H+.
  • Dans un corps en bonne santé le pH du sang se situe entre 7,35 et 7,45 ; celui de la peau aux environs de 5,2 ; celui des urines entre 6,5 et 7,5. Si le pH de la peau et des urines peuvent varier au delà de ses valeurs, le sang ne doit pas sortir de ses limites, au risque de malaise, voir de mort.
  • L’acidité peut être régulée de deux façon : Soit elle est éliminée (principalement dans les urines et par la respiration) soit elle est neutralisée par des minéraux basiques qui donnent des sels neutres (systèmes tampons). Le corps cherche de préférence à éliminer les acides, mais il n’a pas toujours la capacité d’éliminer suffisamment rapidement les acides, c’est alors qu’interviennent les systèmes tampons. Si ces derniers permettent le retour à un équilibre acido-basique normal, ils provoquent une déminéralisation.
  • L’évacuation des acides :
    • Élimination des acides volatiles (ou faibles) par la voie respiratoire :
      Le corps utilise des bicarbonates (HCO3-) combinés aux acides (H+) pour les transporter sous forme d’acide carbonique (H2CO3) dans le sang et les éliminer par les poumons, sous forme de gaz carbonique (CO2) et d’eau (H2O). L’augmentation du rythme respiratoire peux réduire significativement l’acidité du corps. En forçant la respiration, une activité physique douce, permet d’éliminer une grande partie de notre acidité. De plus, l’élimination de CO2 par les cellules permet au corps de fabriquer du bicarbonate, qui participe à réduire l’acidose. Ce système d’élimination concerne principalement les acides volatiles, notamment ceux qu’on retrouve dans le fruits. Toutefois certaines personnes ont une faible capacité à éliminer ce type d’acides. C’est pour cette raison que pour certains les citrons (par exemple) sont acidifiants, alors que pour d’autre ils sont basifiants.
    • Élimination des acides non volatiles (ou forts) par les reins :
      • En repêchant dans l’urine primitive le sodium (Na+), en l’échangeant contres des ions H+. Toutefois, ce système dépend des besoins en sodium.
      • Pour les acides plus complexes (particulièrement l’ammonium NH4+, constitué d’ammoniac NH3 et d’ion H+), ils sont éliminés par le rein.
      • Le rein récupère les bicarbonates (HCO3-) qui serviront à la neutralisation des acides. En cas d’alcalose (rare), le rein ne récupère plus les bicarbonates dans l’urine primaire, et contribue ainsi à réduire l’alcalose.
    • Les glandes sudoripares de la peau (les petits reins), participent aussi à l’élimination de l’acidité.
  • Système tampon par les minéraux : Les systèmes d’élimination ne peuvent pas toujours faire face assez rapidement à une hausse brutale de l’acidité (principalement alimentaire). Aussi, le corps sait aussi neutraliser les acides à l’aide de minéraux basiques, comme le calcium, le magnésium et le potassium, qui se trouvent dans les différents tissus du corps. Un Acide plus une Base donne un Sel (ou cristaux) et de l’eau. Ce système à l’inconvénient de voler les minéraux de certains organes ou parties du corps, participant ainsi à la déminéralisation si l’acidose est chronique.

Mesurer son acidité 

  • Vous pouvez objectiver votre acidité en mesurant le pH de votre urine pendant 2-3 jours à l’aide de bandelette de pH (5 € en magasin bio les 52 bandelettes, 10 € le rouleau en pharmacie).
  • Le protocole se fait sur 6 jours :
    • Le premier jour, mesurez l’acidité de toutes vos urines. Cela permet de vous faire une idée de la variation de votre acidité dans la journée. Un petit pic d’acidité juste après les repas n’est pas inquiétant. De même la première urine du matin est souvent très acide, car chargée du nettoyage de toute une nuit, sauf si vous allez au toilettes plusieurs fois la nuit. L’absence d’urine acide pendant 24 h fait suspecter un mauvais fonctionnement des reins, il faut alors consulter un médecin pour s’en assurer.
    • Les 5 jours suivant, mesurez la 2eme urine du matin, celle avant le repas de midi et celle avant le repas du soir. Soit 3 mesures par jour, pendant 5 jours. Faites la moyenne de ces 5 jours. Il peux avoir des jours très acide (repas riches, fêtes ou stress élevé).
    • En moyenne. Ces mesures doivent être neutres à basique (pH 7 et plus), elle peut descendre à 6.8 une fois dans la journée, sinon il faut envisager d’améliorer votre alimentation.

Les principaux facteurs d’acidification

  • Alimentation trop riche en éléments acides ou acidifiant,
  • Carence en vitamine ou minéraux (qui peut être causé par une acidose chronique) limitant la neutralisation et l’élimination des acides,
  • Sous oxygénation (limitant la voie respiratoire),
  • Surmenage physique (problème de métabolisation de l’acide lactique),
  • Stress (entrainant une perte de magnésium et en conséquence du calcium),
  • Élimination rénale et cutanée insuffisante,
  • Problèmes digestifs donnant lieu à l’assimilation d’éléments acidifiants (suite à fermentation ou putréfaction).

Comment réduire son acidité

  • Diminuer les apports d’aliments acidifiants (viandes, céréales et légumineuses, produits raffinés...)
  • En fonction du tempérament (particulièrement les frileux), éviter les aliments acides (agrumes comme le citron, yaourt, vin,...)
  • Augmenter les aliments basifiants et reminéralisants (légumes, pommes de terre, graines germées,...)
  • Relancer l’oxygénation par une activité physique douce régulière, les fameuses 30 minutes de marche quotidiennes (même en deux fois), la respiration profonde, et toutes activités augmentant la respiration.
  • Drainage des acides par le foie, les reins et la peau.

Les aliments acides, acidifiants et alcalinisants

  • Aliments acides : (acidifiants en fonction des personnes)
    • fruits acides (agrumes, petits fruits, certaines pommes, cerises griottes, prunes, abricots, ananas, kiwi, fruits non murs, tomates)
    • légumes acides : épinards, oseille, blettes, rhubarbe, cresson, asperges, choux fleurs
    • laitages : yaourts, caillé, fromage blanc, petit suisse
    • vinaigres, vin blanc, champagne, cidre
  • Alimentation acidifiants :
    • protéines (animales, végétales),
    • légumineuses (sauf soja),
    • fromages et laitages,
    • glucides : céréales (surtout raffinées),
    • les sucres (surtout raffinés) dont la métabolisation est acidifiante,
    • oléagineux (sauf noisettes, amandes),...
  • Aliments alcalinisant :
    • pommes de terre, châtaigne, patate douce, graine de soja,
    • légumes verts cru et cuits (sauf acides),
    • légumes colorés (sauf tomates),
    • jus de légumes (sauf tomate) qui sont très efficaces pour faire baisser l’acidité,
    • graines germées,
    • algues,
    • bananes, fruits secs sauf abricots, pommes douces,
    • noisettes, amandes, noix de coco,...

Le régime anti-acide

  • Pour conserver son équilibre acido-basique, il n’est pas nécessaire de ne manger que des aliments basiques (il faudrait arrêter les protéines et les glucides !), mais simplement d’équilibrer en poids au cours d’un repas les acidifiant et les basifiants. Si la moitié de votre repas (entrée et dessert compris) est composé d’éléments basifiants (de légumes variés), vous équilibrez vos apports d’acides et de base (et faites le plein de vitamines et minéraux).
  • Une petite balade après le repas et vous mettez votre taux d’acidité dans le vert.
  • Pour équilibrer votre petit déjeuner, préférez un lait végétal (enrichie en calcium), des amandes (ou de la pâte d’amande), les fruits secs et une banane.
  • Prendre au moins un verre de jus de légumes (3 pour les personnes les plus acides) permet de faire baisser l’acidité rapidement.

P.-S.

A lire :

  • "L’équilibre acido-basique" ou "Gérez votre équilibre acido-basique" de Christopher Vasey

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